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Pays-Bas : le gouvernement veut 1 milliard d'euros d'économies par an grâce à l'IA d'ici 2035 (Telegraaf, 26 octobre 2026)

Le 26 octobre 2026, le Telegraaf révèle que le cabinet néerlandais veut utiliser l'IA pour réduire la fonction publique. 200 millions d'euros d'économies en 2028, 1 milliard par an à partir de 2035. Décryptage pour la France.

La Rédaction Adapte-toi··Revu le 27 octobre 2026 par Lea Moreau
Façade monumentale d'un bâtiment ministériel néerlandais au crépuscule, drapeau orange en premier plan, symbolisant la trajectoire d'un État qui remplace ses agents publics par de l'IA

Le 26 octobre 2026, le Telegraaf révèle que le cabinet néerlandais veut utiliser l’IA pour réduire la masse salariale de la fonction publique. Objectif : 200 millions d’euros d’économies en 2028, 1 milliard par an à partir de 2035. Si tu es agent public en France, ce dossier est le brouillon de ton futur plan social.

Ce que révèle le Telegraaf

Les montants cités par les sources du Telegraaf sont précis et croissants. L’IA économiserait 200 millions d’euros en 2028, 200 millions en 2029, puis 200 millions prévus pour le budget du ministère de l’Intérieur l’année suivante. À partir de 2035, le plan vise 1 milliard par an sur la fonction publique, par substitution d’outils IA aux tâches administratives répétitives.

Le ministre junior de l’Intérieur Eric van der Burg, parti libéral VVD, doit présenter les objectifs chiffrés de suppression de postes. Le Telegraaf rappelle que la fonction publique centrale est passée de 140 000 agents en 2021 à 170 000 en 2025, soit 30 000 postes créés en quatre ans. Les policy officers, qui préparent les décisions politiques et rédigent les textes, ont presque doublé en dix ans pour atteindre 20 000 personnes.

L’ancien haut fonctionnaire Roel Bekker critique le phénomène de policy overload et appelle à une baisse de 20 à 30 pour cent du nombre de policy officers. C’est la cible la plus explicite jamais formulée sur le périmètre que l’IA viendrait absorber.

Pourquoi ce dossier compte pour les agents publics français

L’État néerlandais ne décide pas pour la France, mais il écrit un script que les administrations européennes vont lire. Bruno Retailleau a déjà évoqué 250 000 fonctionnaires remplacés par l’IA à l’horizon d’une décennie. Bercy a créé une direction IA interne pour piloter la bascule. Les trois dossiers partagent la même structure : un chiffrage politique public, une accélération budgétaire, une cible floue sur les métiers visés.

Ce qui change avec les Pays-Bas, c’est la mécanique budgétaire. Le gouvernement inscrit les économies IA dans la trajectoire pluriannuelle, année par année, jusqu’à 2035. Ce n’est plus un discours. C’est une ligne budgétaire. Pour lire ce type d’annonce sans tomber dans le piège du titre, consulte licenciements IA 2026, le tracker.

Le cadre budgétaire néerlandais est déjà en place

La note budgétaire 2027 présentée lors du Prinsjesdag 2026 cible 1,4 milliard d’euros d’économies structurelles par an à partir de 2030, via le numérique et la baisse des règles administratives. L’IA est présentée comme un levier parmi d’autres, mais son rôle précis dans ce total n’est pas documenté dans les annexes budgétaires publiques.

Autre élément du dossier : les Pays-Bas ont dépensé 283 millions d’euros en consultants externes en 2025, selon NL Times, malgré l’engagement de réduire cette dépense. Cela nourrit la critique d’économistes locaux : baisser les effectifs internes ne baisse pas forcément les coûts totaux si les cabinets de conseil pilotent la transformation IA.

Le comité consultatif sur l’avenir de la fonction publique rend ses conclusions avant fin 2026. Il a averti que la digitalisation et l’IA n’améliorent l’efficacité que si la prolifération des règles est traitée en parallèle. Poser une IA sur un empilement bureaucratique produit un empilement assisté par IA, pas une économie.

L’avertissement du professeur Bart Custers

Le professeur Bart Custers, enseignant en droit et technologie à l’Université de Leiden, formule la mise en garde la plus directe. Dans une analyse de septembre 2026, il rappelle que les coûts de l’IA arrivent avant les bénéfices. Les investissements en infrastructure, formation, gouvernance des modèles et sécurité des données sont engagés dès l’année un, alors que les économies de masse salariale n’arrivent qu’après plusieurs cycles budgétaires.

Pour un gouvernement qui vise 200 millions d’euros d’économies dès 2028, cela veut dire investir massivement en 2026 et 2027, sans garantie de retour sur la fenêtre promise aux électeurs. C’est le risque politique classique : promettre un gain long alors que la facture est immédiate.

Pour ta carrière, la leçon est opérationnelle. Si une direction IA se met en place dans ton administration, la vraie question n’est pas combien de postes vont disparaître. C’est combien de temps l’organisation portera le coût avant de voir le gain. Les métiers qui survivent sont ceux qui réduisent la facture pendant la transition, pas ceux vaguement protégés par leur intitulé.

Les métiers administratifs dans la ligne de mire

Les postes visés sont identifiés dans la couverture presse : policy officers, back office, reporting, contrôle administratif, rédaction normative. En France, ces fonctions existent dans toutes les administrations centrales, collectivités, ARS, caisses de sécurité sociale et établissements publics. Elles pèsent plusieurs centaines de milliers d’emplois.

Un policy officer passe environ 40 pour cent de son temps à collecter de l’information, 25 pour cent à rédiger des notes, 20 pour cent à préparer des réunions, 15 pour cent à coordonner. Les deux premières catégories sont celles sur lesquelles les outils IA actuels ont un impact mesurable. Nos fiches assistant administratif face à l’IA et RH recruteur face à l’IA détaillent cette bascule par métier.

L’enjeu individuel n’est pas d’attendre un plan social hypothétique. C’est de documenter dès maintenant ce que tu fais, ce que l’outil peut reprendre, et ce que seul ton jugement apporte. Les administrations qui lancent une direction IA cherchent en priorité des agents capables de piloter la transition. Pour ce diagnostic, suis reconversion IA, guide complet.

Le cadre européen qui encadre la bascule

Les Pays-Bas sont membres de l’Union européenne, et le règlement sur l’IA s’y applique. Les systèmes utilisés pour gérer, orienter ou évaluer les agents publics tombent souvent dans la catégorie des systèmes à haut risque. Cela impose documentation, transparence, supervision humaine et évaluation des impacts.

En France, les mêmes obligations existent. Le CNIL précise que l’usage d’un outil IA pour une décision concernant un agent public doit faire l’objet d’une analyse d’impact et d’une information claire. Pour comprendre ce cadre et ce qu’il protège, consulte IA en Europe, la réglementation expliquée.

La contrainte réglementaire ralentit la trajectoire d’économies affichée par le cabinet néerlandais. C’est un point rarement explicité dans les annonces budgétaires, mais il figure dans la critique du comité consultatif sur l’avenir de la fonction publique. Les délais d’audit, d’évaluation et de recours ajoutent du coût et du temps avant que la substitution ne produise un effet mesurable sur la masse salariale.

Ce que tu peux faire maintenant

Si tu travailles dans la fonction publique, un établissement public, une collectivité ou un organisme para public, trois actions concrètes sont utiles cette semaine. D’abord, identifier dans ta fiche de poste les tâches qui ressemblent à celles décrites par le dossier néerlandais : collecte, synthèse, reporting, rédaction normative. Ensuite, lister les outils IA accessibles officiellement dans ton administration et tester ceux qui sont autorisés sur un cas réel de ton activité. Enfin, documenter en une page ce que tu apportes au-delà de l’exécution : jugement, arbitrage, connaissance du terrain, mémoire institutionnelle.

Cette documentation sert deux usages. Elle te prépare à un entretien de repositionnement si une direction IA se met en place dans ton organisation. Elle te rend plus difficile à remplacer par un outil générique, parce que ton apport est explicite. Pour construire cette fiche et chiffrer ta valeur, nos guides chiffres clés IA et emploi et métiers menacés par l’IA en 2026 proposent une grille adaptable.

Côté outils, teste dès maintenant les trois assistants qui dominent les usages professionnels : ChatGPT pour la synthèse de notes, Claude pour la rédaction longue et Microsoft Copilot pour l’intégration dans la suite Office utilisée dans la plupart des administrations. L’enjeu n’est pas de les maîtriser à la perfection, mais de savoir dire ce qu’ils savent faire, ce qu’ils ratent et où ton contrôle reste indispensable.

FAQ

Le plan néerlandais va-t-il réellement supprimer des postes de fonctionnaires ?

Le Telegraaf parle d’économies budgétaires, pas de nombre précis de suppressions. Le ministre Eric van der Burg doit encore présenter les objectifs chiffrés. Les sources évoquent une cible de réduction de 20 à 30 pour cent des policy officers, soit environ 4 000 à 6 000 postes sur les 20 000 recensés. Les autres fonctions administratives pourraient suivre, mais sans calendrier public à ce stade.

Est-ce que la France va suivre le même chemin ?

Les signaux convergent. Bruno Retailleau a évoqué 250 000 fonctionnaires remplacés par l’IA sur une décennie. Bercy a créé une direction IA interne. Les mêmes catégories de métiers sont visées : collecte, synthèse, reporting, contrôle administratif. Le calendrier français n’est pas encore aussi explicite que le plan néerlandais, mais les briques politiques et budgétaires sont posées.

Les économies annoncées sont-elles crédibles ?

Elles sont politiques avant d’être économiques. Le professeur Bart Custers rappelle que les coûts de l’IA arrivent avant les bénéfices. Les 283 millions d’euros dépensés en consultants aux Pays-Bas en 2025 montrent aussi que la réduction des effectifs internes peut être compensée par une hausse des coûts externes. Les chiffres de 2028 restent des estimations d’initiés, pas des engagements budgétaires certifiés.

Quels métiers sont les plus exposés ?

Les postes à forte composante de collecte d’information, de synthèse écrite, de reporting standardisé et de rédaction normative. En administration française, cela touche les attachés, rédacteurs, chargés de mission et une partie des cadres B. Les métiers de terrain, les postes de contact direct avec les usagers vulnérables et les fonctions d’arbitrage politique sont moins exposés à court terme.

Comment anticiper sans céder à la panique ?

Trois gestes simples. Un, documenter ta valeur ajoutée au-delà des tâches automatisables. Deux, tester les outils IA autorisés par ton administration sur un cas réel. Trois, suivre les décisions budgétaires de ta tutelle et les plans de transformation annoncés publiquement. Les plans sociaux dans la fonction publique prennent des années, pas des semaines. Tu as le temps de te positionner, à condition de commencer maintenant.

L’IA va-t-elle vraiment remplacer des agents, ou juste les assister ?

Les deux coexisteront. Les outils actuels assistent déjà sur les tâches répétitives. La substitution complète d’un poste reste rare dans la fonction publique européenne, à cause du cadre réglementaire et des exigences de supervision humaine. Mais le solde net d’emplois peut baisser par non-remplacement des départs, qui est la méthode privilégiée dans le plan néerlandais plutôt qu’un licenciement sec.

Sources

Les coûts de l'IA arrivent avant les bénéfices.

Bart Custers, professeur de droit et technologie à l'Université de LeidenAnalyse publiée en septembre 2026 sur la trajectoire d'économies budgétaires via l'IA dans l'administration néerlandaise.

Sources

Pour aller plus loin