Étude Impact 4/5

New York dépasse la Silicon Valley : la carte des emplois IA se redessine

Rapport CBRE du 19 août 2026 : New York passe devant la Baie de San Francisco avec 394 300 emplois tech. Les jobs IA migrent vers la finance. Ce que ça change pour ta carrière en France.

La Rédaction Adapte-toi · · Revu le 24 août 2026 par Rédaction Adapte-toi
Vue sur les gratte-ciel de Manhattan au lever du jour, symbole du basculement des emplois tech vers la finance new-yorkaise

Rapport CBRE du 19 août 2026 : New York compte désormais 394 300 emplois tech contre 375 730 pour la Baie de San Francisco, une première dans l'histoire de ce classement. Les compétences IA ont progressé de 45% en un an en Amérique du Nord (CNBC).

Un classement immobilier américain, ça sonne loin de ton quotidien. Sauf qu'il mesure une chose très concrète : où les employeurs vont chercher les compétences IA, et dans quel secteur. La réponse a changé.

Ce que dit précisément le rapport CBRE

Le cabinet CBRE publie chaque année son étude Scoring Tech Talent, qui recense les travailleurs tech des principaux marchés d'Amérique du Nord. L'édition 2026, sortie le 19 août, contient trois chiffres qui comptent.

  • 751 000 travailleurs liés à l'IA aux États-Unis et au Canada en juin 2026, en hausse de 45% sur un an.
  • Les postes IA représentent 31% des offres tech disponibles en juin 2026, contre seulement 11% au précédent pic du marché tech, à la mi-2022.
  • Les deux rôles qui grossissent le plus vite sur douze mois : data scientist, avec 29 000 postes créés, et responsable des systèmes d'information, avec 24 600.

Colin Yasukochi, directeur exécutif du CBRE Tech Insights Center, résume la lecture du cabinet dans le communiqué officiel : "On ne peut pas nier que l'IA remodèle l'industrie tech et la croissance de l'emploi en général."

Autrement dit, l'IA ne fait pas que supprimer des lignes sur un organigramme. Elle déplace les postes d'un secteur à l'autre, et d'une ville à l'autre.

Pourquoi New York passe devant, et ce que ça révèle

Le basculement n'est pas une histoire de rivalité urbaine. C'est une histoire de secteurs.

Depuis 2022, la finance, l'assurance et l'immobilier ont créé 90 530 emplois tech aux États-Unis, pendant que l'industrie tech elle-même en supprimait 21 262. Les banques et les assureurs new-yorkais ont absorbé une partie des profils que Meta, Oracle ou Microsoft ont laissés partir. Si tu suis notre tracker des licenciements IA 2026, tu as vu passer ces plans. Ce que CBRE ajoute, c'est leur destination.

La conséquence est contre-intuitive mais robuste : le meilleur endroit pour travailler sur l'IA n'est plus forcément une entreprise tech. C'est une organisation qui a beaucoup de données, beaucoup d'argent et une obligation réglementaire de bien faire. Une banque, un assureur, un industriel, un hôpital.

La Silicon Valley garde le muscle, pas le volume

Attention à ne pas surinterpréter le titre. Sur la densité de compétences IA, la Baie de San Francisco reste largement devant : 98 699 travailleurs IA contre 67 949 pour la zone New York. Les deux métropoles ont chacune ajouté plus de 20 000 postes IA depuis la mi-2025.

Sur l'indice de qualité global de CBRE, qui combine profondeur du vivier, coûts et diplômés, le classement 2026 ne bouge d'ailleurs pas : Baie de San Francisco à 81,98 points, Seattle à 74,37, Toronto à 72,73 et New York Metro à 70,38 (GeekWire). Les six premiers marchés sont identiques à l'an dernier.

Traduction pour ta carrière : la Silicon Valley reste le lieu où l'on construit les modèles. New York devient le lieu où on les applique. Et le second gisement d'emplois est bien plus large que le premier.

Les métiers qui absorbent réellement la vague

Les chiffres CBRE dessinent un profil de gagnant très précis. Ce n'est pas le chercheur en apprentissage profond. C'est celui qui sait brancher un modèle sur un processus métier existant.

  • Data analyst et data scientist : le rôle qui a créé le plus de postes sur un an. Voir notre fiche data analyst IA.
  • Analyste financier augmenté : c'est exactement le profil que la finance new-yorkaise recrute. Voir analyste financier IA.
  • Chef de projet IA : le poste qui traduit un besoin métier en cahier des charges exploitable. Voir chef de projet IA.
  • Développeur avec pratique IA : moins de postes juniors, mais une demande forte sur les profils qui pilotent des agents. Voir développeur IA.

Le point commun de ces quatre métiers : ils supposent de maîtriser un outil comme ChatGPT, Claude ou Copilot dans un contexte professionnel réel, pas de savoir entraîner un modèle depuis zéro.

Ce que ça change concrètement en France

La France n'est pas dans le rapport CBRE, mais les mêmes forces y sont à l'œuvre, avec un décalage.

1. Les offres cadres suivent la même courbe. L'Apec a mesuré une hausse de 89% des offres cadres mentionnant l'IA entre 2023 et 2025. Et environ 40% des offres IA françaises n'exigent aucune compétence en programmation, ce qui ouvre largement la porte aux profils métier.

2. La banque-finance-assurance est déjà le troisième secteur recruteur IA en France, derrière le numérique et l'édition logicielle, et devant l'industrie. Exactement le schéma new-yorkais.

3. Le secteur numérique français, lui, ralentit. Numeum anticipe une croissance du marché de +4,3% en 2026 à 74,3 milliards d'euros, mais prévient que l'emploi reste incertain : le ralentissement de 2024 avait déjà coûté environ 7 500 postes (IT for Business). Comme aux États-Unis, la croissance du chiffre d'affaires ne se convertit plus automatiquement en embauches dans la tech pure.

4. Le scénario noir n'est pas écarté pour autant. La Direction générale du Trésor a publié en juin 2026 un scénario allant jusqu'à 250 000 destructions nettes d'emplois si l'IA remplace massivement le travail. Notre décryptage est disponible dans l'article Trésor éco 391.

La lecture combinée est simple : en France comme ailleurs, l'emploi IA existe, mais il n'est pas là où tu le cherches spontanément. Il est chez ton assureur, ta banque, ta mutuelle, ton groupe industriel.

Ton plan d'action sur 90 jours

Si tu es dans la tech et inquiet

  • Regarde les offres de la banque, de l'assurance et de l'industrie avant celles des éditeurs logiciels. Le vivier y est en croissance, pas en contraction.
  • Reformule ton CV autour d'un cas d'usage métier chiffré, pas d'une pile technique.

Si tu es dans un métier non technique

  • Commence par notre quiz de niveau IA pour savoir où tu en es réellement.
  • Mobilise ton CPF pour financer une formation IA certifiante sur un outil que tu utilises déjà.
  • Vise le rôle de traducteur entre le métier et la donnée. C'est celui que 40% des offres françaises rendent accessible sans code.

Si tu prépares une reconversion

Le verdict Adapte-toi

Ce rapport n'annonce pas la fin de la Silicon Valley, et il ne dit pas que l'IA crée plus d'emplois qu'elle n'en détruit. Il dit plus utile : la géographie et la sectorisation de l'emploi IA changent plus vite que les compétences des candidats.

Ceux qui perdent, ce sont ceux qui cherchent un emploi IA là où il s'en créait en 2022. Ceux qui gagnent, ce sont ceux qui vont là où les données, l'argent et la contrainte réglementaire se rencontrent. En France, cette intersection porte un nom peu glamour : la banque, l'assurance, la santé, l'industrie. Nos chiffres clés IA et emploi sont mis à jour chaque mois si tu veux suivre la bascule.

Questions fréquentes

Pourquoi New York a-t-elle dépassé la Silicon Valley dans le classement CBRE 2026 ?

Parce que le vivier tech new-yorkais est porté par la finance et non par l'industrie tech. Selon le rapport CBRE publié le 19 août 2026, New York compte 394 300 emplois tech contre 375 730 pour la Baie de San Francisco. Depuis 2022, la finance, l'assurance et l'immobilier ont créé 90 530 emplois tech aux États-Unis pendant que l'industrie tech en supprimait 21 262. C'est un basculement sectoriel, pas une simple rivalité entre villes.

Combien de travailleurs IA compte l'Amérique du Nord en 2026 ?

Le rapport CBRE recense 751 000 travailleurs liés à l'IA aux États-Unis et au Canada en juin 2026, soit une progression de 45% sur un an. Les postes IA représentent désormais 31% des offres tech disponibles, contre 11% seulement au précédent pic du marché tech à la mi-2022. Les deux rôles les plus créateurs sont data scientist, avec 29 000 postes ajoutés, et responsable des systèmes d'information, avec 24 600.

La Silicon Valley est-elle réellement en déclin sur l'IA ?

Non, pas sur l'IA. La Baie de San Francisco conserve 98 699 travailleurs IA contre 67 949 pour la zone New York, et reste première de l'indice de qualité CBRE avec 81,98 points, devant Seattle à 74,37 et Toronto à 72,73. Elle perd le volume brut d'emplois tech, pas la densité de compétences IA. La Baie construit les modèles, New York les applique à des métiers existants.

Quels secteurs recrutent le plus sur les compétences IA en France ?

Le numérique et l'édition logicielle arrivent en tête, suivis de la santé et de l'action sociale, puis de la banque-finance-assurance. Ce trio reproduit avec un décalage la dynamique américaine décrite par CBRE. L'Apec a mesuré une hausse de 89% des offres cadres mentionnant l'IA entre 2023 et 2025, et environ 40% de ces offres n'exigent aucune compétence en programmation.

Faut-il savoir coder pour décrocher un emploi lié à l'IA ?

Non, dans une majorité de cas. Selon l'Apec, environ 40% des offres IA publiées en France ne demandent pas de compétences en programmation. Les employeurs cherchent surtout des profils capables de cadrer un cas d'usage, de vérifier la qualité d'une sortie de modèle et de piloter le déploiement auprès des équipes. Une formation courte certifiante sur un outil comme ChatGPT, Claude ou Copilot, plus un cas concret chiffré, suffit souvent pour un premier poste.

Le marché de l'emploi tech français va-t-il suivre la même bascule ?

Les signaux le suggèrent. Numeum anticipe une croissance du marché numérique français de 4,3% en 2026, à 74,3 milliards d'euros, tout en avertissant que l'emploi reste incertain après la suppression d'environ 7 500 postes lors du ralentissement de 2024. Le Trésor a par ailleurs publié en juin 2026 un scénario allant jusqu'à 250 000 destructions nettes si l'IA remplace massivement le travail. La croissance du secteur ne se traduit plus mécaniquement en embauches tech, et les recrutements se déplacent vers les secteurs utilisateurs.

Sources

On ne peut pas nier que l'IA remodèle l'industrie tech et la croissance de l'emploi en général.

Colin Yasukochi, directeur exécutif du CBRE Tech Insights Center Déclaration accompagnant la publication du rapport annuel Scoring Tech Talent 2026, le 19 août 2026, qui recense 751 000 travailleurs liés à l'IA aux États-Unis et au Canada.

Sources

Pour aller plus loin